Jérôme Dupré : le vrai début, c’est maintenant

S’il y a un sport populaire en France c’est le cyclisme. Et le para-cyclisme ? Il se porte plutôt bien. Mais les années qui viennent devraient donner un élan supplémentaire à cette discipline grâce à des projets de développement et une assise sportive menée par le directeur sportif Jérôme Dupré et son équipe.

Solo, tandem, tricycle, handbike, cyclotourisme, VTT, route, piste, le cyclisme se décline en de multiples activités et permet ainsi à tous les types de handicap de goûter aux joies de la petite reine. Après des Jeux Paralympiques de Rio plutôt réussis (une médaille de bronze, deux 4es places, une 5e place), il s’agit à présent de préparer la prochaine paralympiade, non seulement pour le haut-niveau mais également pour le développement de l’activité. Jérôme Dupré : « J’aurai tendance à dire que le vrai début c’est maintenant. Non pas qu’il ne se soit rien passé ces quatre dernières années, loin de là, mais après des temps obligatoires pour stabiliser la commission, faire le point sur tous les paramètres de la discipline, préparer Rio, nous avons à présent le temps de partir sur du moyen et long terme et de se consacrer à des idées de fond ».

Près de 1 300 pratiquants handisport

Avec plus d’un millier de licenciés loisirs, près de 250 en compétitions, 130 participants lors des derniers Championnats de France sur route, 20 aux France sur piste, un collectif VTT sourd, le para-cyclisme montre une vitalité intéressante alors qu’il n’est pas forcément simple de pratiquer : coût du matériel, territoires en manque de clubs, manque de moyens humains et de formations... « Je pense qu’on a bien identifié les problèmes, souligne Jérôme Dupré, c’est pour cela que la première formation para-cyclisme à destination des encadrants va voir le jour d’ici la fin 2017 et au cours de 2018 se mettra en place le premier regroupement à destination des jeunes de 12 à 16 ans. Il faut également s’appuyer sur les comités régionaux et départementaux afin de prêcher la bonne parole dans les zones où le cyclisme est moins ancré dans la culture sportive ».

Des passerelles entre handis et valides

Pour densifier les pelotons, une meilleure identification des cyclistes qui participent aux courses valides serait également la bienvenue, alors que la relation avec des équipes professionnelles valides qui intègrent des para-cyclistes dans leur groupe est toujours à entretenir. « Cofidis est le partenaire de notre Coupe de France, c’est un apport financier très important pour nous, souligne le directeur sportif. Notre convention avec la Fédération Française de Cyclisme facilite l’idée de la double licence valide-handi, cela peut nous amener un plus large public qui vient des cyclo-sportives ». Côté Equipe de France, entre les arrêts de carrière, l’intégration des nouveaux, et l’affirmation de certains, 2017 devrait être une « année de transition » et de préparation pour un collectif attendu en 2018 sur les échéances internationales. De belles perspectives donc pour le para-cyclisme, sport traditionnel s’il en est sans oublier ses aspects techniques, évolutifs, tout public, qui en font bien l’un des sports les plus populaires en France. // R.Goude

Plus d’infos : www.paracyclisme-handisport.fr

Biographie

  • 40 ans, Professeur de sport placé auprès de la FFH comme directeur sportif du cyclisme handisport depuis le 1er septembre 2012.
  • 2002, puis de 2005 à 2006 : Entraîneur à Taïwan après avoir travaillé pour l’Union Cycliste Internationale à la détection de jeunes talents en Chine.
  • 2003 à 2005 : Collabore avec la société marseillaise T9 dans les domaines de la recherche et de la distribution de pièces de vélo.
  • 2007 à 2012 : Ancien coureur amateur, il devient cadre d’État auprès de la Fédération Française de Cyclisme. Il a travaillé au développement du cyclisme valide en Chine et à Taïwan avant de prendre le guidon du cyclisme handisport français.