Haris Neimarlija regard sur le goalball

Biographie - HARIS NEIMARLIJA

32 ans, vit à Lyon. Kinésithérapeute et membre de l’équipe de France de goalball.

Non-voyant depuis l’âge de sept ans suite à l’explosion d’une mine en ex-Yougoslavie, pays dans lequel il est né, Haris Neimarlija vit désormais en France. Il s’épanouit dans son travail de kinésithérapeute et dans un sport pour lequel il est membre de la toute première équipe de France, le goalball. Découverte de sa vie et de sa pratique en images avec un reportage signé et illustré par Grégory Picout, photographe.

Pourquoi avoir choisi le goalball et que vous apporte-t-il ?
J’ai choisi ce sport car je le trouve complet et extrêmement exigeant sur le plan physique. Il réunit à la fois toutes les vertus d’un sport collectif ainsi que celles d’une discipline tactique et technique, ce qui en fait un sport passionnant. Par ailleurs, il favorise également de nouvelles rencontres et permet de voyager car il est pratiqué sur tous les continents.

Vous avez choisi d’être kinésithérapeute dans votre vie professionnelle, pourquoi ce métier ?
Le choix de ce métier est directement lié à mon passé troublé par la guerre, car j’ai été accueilli en France pour être soigné, et depuis, j’ai toujours voulu avoir un contact avec le milieu médical dans le but d’aider les gens à mon tour.

Est-il facile de concilier vie professionnelle et goalball ?
Ce serait mentir que d’affirmer que c’est simple, mais pour ma part, j’ai décidé d’accorder une place équivalente à ces deux pratiques. Pour ce faire, je souhaite à l’avenir ne travailler qu’à mi-temps et consacrer l’autre moitié de ce temps au goaball. Ce sport exige une préparation physique quotidienne et de ce fait, si je veux aider l’équipe de France (qui vient tout juste d’être formée) à passer un cap rapidement, je n’ai d’autre choix que de m’investir à cent pour cent.

Quelles sont les principales difficultés liées à votre cécité ?
Au risque de vous surprendre, les principales difficultés liées à ma cécité sont surtout les clichés que celle-ci véhicule encore de nos jours. Je reste quelquefois sans voix face à la réaction que peut susciter mon handicap face aux gens que je croise dans la rue ou dans le cadre professionnel.

Vous avez participé au championnat d’Europe de goalball en Moldavie récemment, pouvez-vous nous donner votre ressenti sur l’équipe et son niveau ?
Il est incontestable que le niveau de l’équipe de France est encore insuffisant à ce jour. Malgré tout, nous avons montré lors de cette première expérience que nous avions du potentiel et que très vite, nous pourrions compter sur nous pour les échéances à venir. Ce championnat d’Europe a surtout permis de nous donner de nombreuses clefs pour progresser et bien figurer dans les prochaines compétitions internationales. En résumé, au lieu d’être découragé par nos résultats, nous avons préféré retenir le contenu positif de plusieurs de nos matchs.

Vous projetez-vous sur les Jeux de Paris 2024 avec peut-être une équipe compétitive ?
Je suis persuadé que nous sommes en mesure d’avoir une équipe compétitive pour les Jeux de Paris en 2024. Ceci dit, pour ce faire, il faudra que tous les joueurs qui composent le groupe France soient habités par le même rêve paralympique, car même s’il peut sembler difficile de se projeter dans sept ans, j’estime que c’est une chance d’avoir tout ce temps pour se préparer sérieusement dans le but de décrocher une médaille et qui sait, peut-être la plus belle des médailles ! // G. Picout