Guislaine Westelynck, nouvelle présidente
Le 9 avril dernier, Guislaine Westelynck a été élue à la tête de la Fédération Française Handisport. La présidente du comité handisport des Bouches du Rhône, avait déjà accepté d’assurer l’intérim après la démission de Frédéric Delpy en janvier 2018. Trésorière et membre du comité directeur depuis 2013, elle se sentait prête à assumer la gouvernance de la fédération sur la durée.

© G.Picout
Guislaine Westelynck, entourée de Thomas Clarion et son guide Antoine Bollet, accompagnés par Christian Février, DTN, lors des Jeux Paralympiques de PyeongChang.
Guislaine Westelynck, présidente de la FFH. Un sentiment ?
Être élue à la tête de la Fédération Française Handisport, c’est atteindre le Graal. Je suis passée par toutes ses strates. Nageuse médaillée paralympique à Séoul, entraîneur de l’équipe de France féminine de natation, responsable de commission, présidente de club et de comités territoriaux. Arriver au sommet n’était pas un objectif premier, ce sont les circonstances qui m’y ont conduite, mais je suis enchantée d’être là.
Pouvez-vous revenir sur les instants clés de votre parcours ?
Tout ce qui m’arrive, je le dois à mon accident survenu quand j’avais 9 ans. Je suis restée 7 ans en centre de rééducation et c’est là que j’ai découvert le Handisport. Quand j’ai commencé à travailler à l’âge de 18 ans, je n’avais aucune qualification mais j’avais la certitude que je n’en resterais pas là. J’ai passé tous les concours possibles pour devenir rédacteur juridique et inspectrice du recouvrement. C’était une sacrée revanche pour moi qui n’avais pas fait d’études. Mais en parallèle, déterminée et passionnée par la natation, je voulais devenir entraîneur. À condition d’en avoir les compétences. À mes yeux, être bénévole ne signifie pas être incompétente. Parallèlement à mon travail, je suis allée à la Fac des Sports et j’ai obtenu un DESS. Je suis donc devenue entraîneur de l’équipe de France handisport en étant qualifiée.
À quel moment avez-vous souhaité vous engager sur des rôles plus administratifs ?
Je suis devenue présidente du club Handisport Marseille en 1996, tout en étant toujours entraîneur. Puis en 2001, j’ai été élue à la présidence du comité départemental handisport des Bouches du Rhône.
Et en 2005, André Auberger m’a sollicité pour intégrer le comité directeur de la FFH. Puis petit à petit, j’ai fait ma place. Gérard Masson m’a nommée trésorière adjointe, puis trésorière. C’est à ce titre que j’étais dans le bureau exécutif, et c’est dans ce cadre que je me suis proposée pour assurer l’intérim quand Frédéric Delpy a démissionné.
Vous présentez cette fois-ci vous semblait logique…
Le plafond de verre explosait. Un an avant, je n’aurais jamais pensé me présenter parce qu’il y avait déjà deux candidats. Mais j’ai décidé que là il fallait se présenter. Je ne sais pas pourquoi mais je trouvais que c’était le moment opportun… et ce, même s’il y avait un autre candidat. Ma façon de voir les choses me semblait en adéquation avec ce que va devenir notre FFH. Je pose beaucoup d’objectifs pour cette fédération et je souhaite, en concertation avec mes équipes, les mettre en application.
”Nous avons un savoir-faire que nul ne peut égaler.”
Parlez-nous de l’équipe qui vous entoure…
Elle s’est féminisée. La présidente, la secrétaire générale, son adjointe et la trésorière sont des femmes. Il y a quatre vice-présidents. Nous sommes cinq hommes et cinq femmes dans le bureau directeur. Ce n’est pas fait par défi mais bien parce que ces personnes sont compétentes. Je veux donner la chance à chacun de se révéler.
Quel est et quel sera le rôle des comités territoriaux et des équipes au niveau local ?
Je veux rencontrer chaque région et leur proposer de travailler en concertation avec la fédération. Je sais leurs difficultés d’adhérer au projet fédéral et en même temps de répondre aux attentes des collectivités territoriales, je le vivais encore ces dernières semaines. À nous d’étudier les modalités pour mettre tout en adéquation. J’aimerais aussi que les élus régionaux soient force de propositions. Le projet fédéral restera tel qu’il a été proposé l’année dernière. Je vais juste affiner des objectifs qui me paraissent difficilement accessibles. Par exemple, atteindre 70 000 licenciés sur ce mandat me paraît un peu élevé.
La FFH semblait aussi vouloir se préoccuper davantage des déficients visuels et sourds ?
Concernant les déficients visuels, nous sommes en train de nouer un partenariat avec l’Unadev. Il y a vraiment un avenir qui se dégage et si ce partenariat fonctionne, nous allons avoir les moyens de notre politique. Concernant les sourds, le recrutement d’un référent est l’une de mes priorités.
Vous n’êtes pas sans savoir les craintes des clubs valides quant à l’idée de perdre tout ou partie du CNDS pour financer Paris 2024. Est-ce une préoccupation des clubs handisport ?
On nous a en effet expliqué qu’il y aurait des coupes sombres notamment en ce qui concerne le CNDS. Je crois que le CNOSF et le CPSF ont bien conscience de ce découragement des clubs. Il nous appartient à nous, présidents de fédérations, du mouvement olympique et paralympique, les CROS, les CDOS de convaincre les pouvoirs publics, de la nécessité de subventionner le mouvement sportif. Paris 2024 doit être une belle fête avec le mouvement sportif, pas contre.
Quel est votre discours par rapport à la délégation des disciplines ?
Nous avons besoin des fédérations homologues, et mon souhait est de montrer au Ministère des Sports que nous savons travailler ensemble. Handisport, ce n’est pas uniquement le haut niveau et ses médailles, nous proposons de multiples activités, pas forcément tournées vers la haute performance, adaptées à tous les handicaps. En la matière, nous avons un savoir-faire que nul ne peut égaler. Nous développons une mission expertise qui peut apporter beaucoup.
// Propos recueillis par J. Soyer
Bio & repères

© D. Echelard
Guislaine Westelynck
Née à Marseille, divorcée, mère de deux enfants
- Profession : Inspectrice du recouvrement à l’URSSAF
- Handicap : Ostéogénèse imparfaite
- 2 médailles aux Jeux Paralympiques de Séoul 1988 (argent 100 m NL, bronze relais 4x100 m 4 nages, papillon)
- Avril 2018 Présidente de la Fédération Française Handisport
- De 2013 à janvier 2018 : Trésorière
- De 2009 à 2013 : Vice-présidente FFH
- De 2005 à 2009 : Membre du bureau directeur de la FFH
- Depuis 2000 : Présidente du comité départemental handisport des Bouches du Rhône
- 2000 : DESS Management des activités sportives à la Faculté des Sciences du sport Aix-Marseille II
- Depuis 1996 : Présidente du club Handisport Marseille
- De 1974 à 1989 : Nageuse handisport de haut niveau
- De 1990 à 2010 : entraîneur national de l’équipe de France handisport de natation et membre de la commission fédérale de natation
- Reconnaissance : Médaillée de la Jeunesse et des Sports
