Côté santé
Blessés médulaires prévention
La pratique sportive favorise l’autonomie, développe la confiance et participe à l’épanouissement des personnes en situation de handicap. Elle doit se faire en toute sécurité. La FFH a donc lancé une série de guides destinés aux encadrants et aux sportifs. Le premier numéro de cette série de livrets de référence concerne la prévention des risques de blessures chez les personnes blessées médullaires. Morceaux choisis de ce fascicule dont un extrait est disponible sur http://handisport.org
Parmi ses 28 684 licenciés la Fédération Française Handisport a recensé, la saison dernière, 2 646 blessés médullaires, soit 9,6 % des adhérents. La proportion grimpe à 14,25 % si on retire les sportifs valides ayant une licence FFH (guides, gardiens de cécifoot, accompagnateurs …). Les paraplégiques et tétraplégiques ont des atteintes sensitive, motrice et neurovégétative. L’atteinte sensitive se matérialise par une perte du toucher, des fourmillements ou picotements et une baisse de la sensation thermique. L’atteinte motrice, elle, se caractérise par une perte complète ou partielle de la contraction musculaire volontaire alors que l’atteinte neurovégétative influe sur les principales fonctions organiques.
Conseils aux entraineurs
Ce public est à la merci de blessures et/ou de complications liées à l’une ou plusieurs de ces déficiences. Des plaies ou escarres aux douleurs articulaires en passant par des troubles cardio-vasculaires, des fractures et des infections, les risques sont multiples. Les moyens pour prévenir ces blessures aussi. Quelques exemples : veiller à l’accessibilité des lieux de pratique et des sanitaires, la qualité et la fiabilité du matériel utilisé, être attentif aux transferts des personnes en fauteuil, à leur hydratation…
Un concentré de mesures incontournables
Le fascicule regroupe tous ces conseils, assortis d’explications simples et précises. Un vrai concentré de mesures incontournables. Si l’aspect médical est mis en avant, il est aussi rappelé l’importance du rapport humain. Le sportif doit être considéré par son entraîneur ou son encadrant dans sa globalité. Son environnement, son rythme de vie, les moyens utilisés pour se rendre sur son lieu d’entraînement, ses habitudes… Autant d’éléments qui permettent d’observer un changement d’attitude, de posture ou d’humeur liées à une complication à venir ou en cours. L’absence de sensibilité sur certaines zones du corps accroît, en effet, les risques de plaies, de fractures ou d’autres maux…
Le parcours de vie du sportif, son histoire et l’ancienneté de sa blessure médullaire sont des données à prendre en compte. Ces renseignements peuvent être demandés via un questionnaire remis au sportif lors de son inscription. Il facilite la compréhension avec l’encadrant. Par ces éléments qui déterminent les attentes du sportif, les techniciens peuvent apporter les réponses les plus adaptées. L’échange est mutuel. L’encadrant peut partager, tout en gardant bien en tête que chaque sportif est singulier. Le document dédié à la prévention des risques de complications des blessés médullaires rappelle aussi les réflexes incontournables. L’échange avec l’entraîneur et/ou le staff figure en haut de la liste. La veille doit être permanente et les alertes doivent toutes être prises au sérieux.
La transmission du savoir
Cet ouvrage de 50 pages initie la formalisation d’une collection « La prévention des facteurs de risque » dont l’objectif est de transmettre aux éducateurs, aux enseignants et aux entraîneurs, les connaissances socles issues de l’expertise Handisport, indispensables à la mise en place d’un encadrement sportif de qualité, adapté et organisé en toute sécurité. // J. Soyer
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