Ségolène Neuville, vecteur d’inclusion

VECTEUR D’INCLUSION

Diplômée de médecine et spécialiste des pathologies infectieuses et tropicales, Ségolène Neuville continue encore aujourd’hui d’assurer des consultations médicales bénévoles deux fois par mois à l’Hôpital de Perpignan, en marge de sa mission majeure au sein du Gouvernement. Passionnée de course de montagne, la Secrétaire d’état en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion a accepté de partager avec le Mag’ sa vision du handisport, du sport, de ses bienfaits sur la santé, et également son ambition pour Paris 2024. Rencontre.

Ségolène Neuville aux côtés de l’équipe dirigeante de la Fédération, et de Bernard Amsalem, Président de la FFA, lors des Championnats de France Open d’athlétisme au Stade Charléty en juin dernier.

Quel lien entretenez-vous avec le sport ?
Le sport fait partie de la vie, et en ce qui me concerne c’est mon oxygène. Je suis passionnée de marche en montagne et de course à pied.

Quel sport aimeriez-vous pratiquer, ou aimez-vous suivre ?
Si mon agenda me le permettait, je m’entrainerais beaucoup plus intensément pour la course en montagne, car mon rêve serait de pouvoir courir des ultra-trails.

Que représente le handisport pour vous ?
Le handisport, c’est avant tout la pratique sportive ouverte à tous. Si celle-ci requiert quelques adaptations, elle reste néanmoins un vecteur de dépassement de soi et de bien-être. Le handisport peut aussi permettre aux accidentés de la vie de réapprendre à utiliser et à solliciter leur corps, et joue ainsi un rôle majeur dans le processus de rééducation. La pratique sportive des personnes en situation de handicap est en outre un vecteur d’inclusion sociale, et j’espère que la médiatisation grandissante, que nous voyons se poursuivre avec la couverture des Mondiaux de Doha sur France Télévisions, continuera de faire évoluer les regards. Pour cela, les grandes compétitions et nos champions restent des atouts majeurs.

Avez-vous en tête une image handisport qui vous a particulièrement marquée ?
Je garderai toujours en mémoire les visages des adolescents en situation de handicap qui assistaient comme moi à la demi-finale hommes de tennis fauteuil à Roland Garros. Je lisais dans leurs yeux l’excitation, la joie, l’admiration pour les joueurs. Un pur moment de bonheur pour moi, car je voyais qu’ils étaient en train de comprendre que le handicap n’empêche absolument pas de devenir un champion. Et en sport, quand on la confiance en soi, on a déjà fait une grande partie du chemin.

"Quand on a la confiance en soi, on a déjà fait une grande partie du chemin.”

Pensez-vous que le message des bienfaits du sport sur la santé soit suffisamment transmis, compris, dans notre société ?
Je pense que l’on peut faire encore plus pour expliquer les bienfaits du sport. C’est d’ailleurs le sens du “Plan national Sport Santé Bienêtre” initié par Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes en 2012 et Valérie Fourneyron, alors ministre en charge des Sports. Les personnes en situation de handicap font d’ailleurs partie des publics prioritaires de ce plan.

Quels liens existent entre votre Ministère et celui du Ministère des Sports ?
Nous collaborons essentiellement sur la préparation des grands événements sportifs, comme l’Euro de Football ou la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Nous réfléchissons également continuellement aux moyens d’améliorer l’accès à la pratique sportive des personnes en situation de handicap, et ce en lien avec les différentes fédérations et associations. Je soutiens et fais connaître la pratique sportive des personnes en situation de handicap car c’est en partie par la communication que nous lèverons les freins pour accéder à la pratique.

Qu’attendez-vous de la candidature de Paris pour les Jeux de 2024 ?
Je pense que cette candidature peut être un véritable accélérateur de la mise en accessibilité de la ville et des transports. Je me suis entretenue à ce sujet avec Monsieur Bernard Lapasset, qui pilote la candidature de la ville, pour lui dire l’importance d’intégrer le handicap dans toutes les étapes de réflexion du projet. À l’image de Londres en 2012, les Jeux Paralympiques peuvent en effet représenter un formidable atout pour l’édition parisienne. Il doit s’agir d’un grand et beau moment de sport et de compétitions, et il appartiendra notamment aux médias et aux différents responsables de s’en faire le relais auprès du grand public. Les Jeux Paralympiques auront besoin de tout le soutien populaire qu’ils méritent, à l’image de ce qu’avait pu offrir la Grande Bretagne dans ce domaine.

Un mot pour notre équipe de France qui prépare les Jeux Paralympiques de Rio ?
Bon courage, bonne préparation, et nous croyons en vous pour permettre à la France de réintégrer le top 10 au classement des médailles lors de cette nouvelle édition !

Biographie

Ségolène Neuville

Femme politique française et médecin hospitalier, née le 21 juin 1970.

Diplômée de médecine, spécialiste des pathologies infectieuses et tropicales.

Après avoir été chef de clinique-assistant à l’Hôpital Saint-Louis, puis médecin à la direction de la politique médicale de l’APHP, elle rejoint l’hôpital de Perpignan en tant que praticien hospitalier dans le service des maladies infectieuses et tropicales.

Mars 2008, élue conseillère départementale, elle devient viceprésidente du Conseil général des Pyrénées-Orientales en charge des Personnes âgées, de la Vie associative et de la Politique de la Ville.

Juin 2012, élue députée des Pyrénées-Orientales, membre de la commission des Affaires sociales et de la Délégation aux droits des femmes à l’Assemblée nationale.

Avril 2014, nommée Secrétaire d’État en charge des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion dans le gouvernement de Manuel Valls, elle est réélue conseillère départementale le 29 mars 2015.